Dur d’être moi…
Je me dis souvent : « Comme c’est difficile parfois d’être moi ! »
Teintée d’une touche de condescendance au milieu d’un torrent narcissique, on pourrait dire là encore, que c’est bien de moi de balancer des tirades pareilles, que ça me ressemble, que c’est tout à fait moi. Et il est vrai que cette petite phrase, dite tout haut, peut prêter à sourire…
Pourtant, je peux dire que je n’ai vraiment pas envie de rire !
J’aimerais tant être quelqu’un de simple, sans prise de tête, calme et en retrait. Ne plus dépenser autant d’énergie dans ce « stress » permanent qui m’habite du matin au soir et, parfois même, du soir au matin. On ne peut imaginer combien cela me coûte… et je ne parle pas seulement de toute cette énergie dépensée parce que mes nerfs mènent la danse mais aussi de cette image qui me colle à la peau : cela me coûte d’être aux yeux de tous ce gars à l’aise, grande gueule, toujours souriant et jamais le dernier à lancer un bon mot. Cela me coûte d’être cette personne qui, parce qu’elle n’est jamais en retrait, s‘attire les plaisanteries de mauvais goût, les railleries en tout genre et tous ces petits pics bien sentis qui vont avec. Oui, cela me coûte… d’être moi.
Et cela me gêne que, parce qu’ils s’arrêtent aux apparences, voyant en moi quelqu’un d’exubérant et de sûr de lui, les gens aient l’impression de me connaître…
La réalité, c’est que je ne suis pas plus à l’aise que la plupart des gens. La réalité, c’est que je ne souffre pas moins des « attaques » que n’importe qui d’autre. La réalité, c’est que je suis quelqu’un de compliqué et même s’il est certainement plus facile d’être différent, je ne peux changer ce qui fait ce que je suis… C’est mon lot, et je dois vivre avec…