L’enfer du dimanche (merci Keiriki)

Tous les amateurs de cinéma auront sans doute reconnu ici le titre de ce film* choc d’Oliver Stone, et puisque ma journée d’hier fut encore bien chargée, je pense que celui-ci convient parfaitement à cet article, d’autant qu’il fait allusion à l’enfer qui règne dans les stades de football américain tous les dimanches aux Etats-Unis et que c’est justement ce qui a occupé une grande partie de ma journée hier, et de ma nuit…
* Voici quelques images de ce film « mythique » que je conseille à tous ! Avec une très belle musique en fond…
4h du matin.
Ma journée n’est pas encore finie.
Ma télé HD est allumée.
A l’écran, New-York vient de manquer son Field goal. C’est parti pour les prolongations !
Avant propos.
Certainement parce que méconnu, le foot Us est un sport très déprécié en Europe. Chose regrettable, notamment au vu du « nouvel » engouement qui semble se manifester depuis quelques temps autour du rugby. Loin de moi l’idée de comparer mais il est vrai que ces deux sports, pourtant très différents dans leur pratique, présentent aussi de nombreuses similitudes puisque ce sont des jeux dit de « gagne terrain », qui se jouent essentiellement à la main et dans lesquels les contacts sont pour le moins rudes.
Il serait pourtant dommage de se cantonner à cette image de « jeu violent » car il suffit d’assister à seulement quelques minutes de match pour se rendre compte de la profondeur de ce sport. Et ce, alors qu’il suffit également (contrairement aux idées reçues) d’une poignée de secondes pour en comprendre les règles. A partir du moment, bien sûr, où celles-ci sont bien expliquées.
Introduction.
Le « Super Bowl » est l’une des émissions de télévision au monde qui fait les plus grandes audiences. Aux Etats-Unis, la grande finale de football est suive par des millions de téléspectateurs et les spots publicitaires intercalés pendant ces quelques heures atteignent des prix record !
En ce qui me concerne, l’un des premiers matchs qui m’ait marqué opposait deux frères : Payton Manning, quaterback des Colts d’Indianapolis et son cadet Eli Manning, pour les Giants de New-York. Comme l’on peut s’en douter lorsque deux frères d’une même famille s’affrontent sur un terrain de foot, les chaînes américaines s’en donnent à cœur joie, ressortant notamment des fonds de tiroir de vieux films amateur dans lesquels on voit les petits Manning s’envoyer la balle dans le jardin sous les conseils avisés de leur père (ancien pro) et égrènent tous leurs résultats depuis les bancs de l’école. Alors bien sûr, je me fais avoir comme tout le monde et mon cœur penche naturellement pour le jeune frère qui n’a ni l’expérience, ni la qualité de jeu de Payton mais qui fait office d’excellent outsider !
Résumé des épisodes précédents.
Depuis, j’ai suivi ces deux équipes de plus près et ce sont justement les Colts qui ont remporté le Super-bowl l’an passé ! Sauf que voilà, cette année après une excellente saison régulière avec seulement trois défaites pour treize victoires, à la surprise de tous, ils se font éliminer en playoffs par les Chargers de San Diego. Avec l’élimination des Colts, c’est l’un des plus grands favoris n’est plus dans la course !
Reste Tom Brady, l’excellent quaterback de New-England, chouchou des foules depuis l’ouragan Katrina. Et le hasard faisant bien les choses, c’est justement Brady et ses Patriots qui affronteront et élimineront les vainqueurs de Payton Manning.
Reste aussi Brett Favre et ses trente-huit ans, un papy dans le milieu du foot qui fait son grand retour en playoffs avec les Packers de Green Bay et que beaucoup de professionnels voient déjà prendre sa retraite après cette dernière saison. Ne serait-ce pas une belle histoire s’il achevait sa carrière sur une victoire en Super-Bowl ? D’autant qu’après des débuts difficiles et quelques années sur le banc de touche, il est devenu depuis son transfert à Green Bay l’un des meilleurs quaterbacks de la ligue !
Et enfin, donc, le petit Eli, dernier représentant de la famille Manning, qui a réussi à passer à travers les mailles du filet et se retrouve donc justement en playoffs contre les Packers qui font office de grand favori, non seulement grâce à l’expérience de leur leader mais aussi parce qu’ils jouent à domicile par une température qui avoisine les –30 degrés !
Minuit trente.
Le match commence.
Les Packers sont chez eux et n’hésitent pas à affronter le froid ambiant sans lycra. Des volutes de vapeur provoquées par leur respiration précèdent les visages casqués de chaque joueur. Pourtant, les Packers, eux, sont en manches courtes !
Après un premier quart temps prometteur, bien que chaque équipe profite de ces premières minutes de jeu pour jauger son adversaire, le deuxième quart voit se développer l’attaque des Giants avec un Heli Manning plus rigoureux qu’à son habitude pour rentrer dans une troisième manche gonflé à bloc. Un troisième quart temps où des petits points fuseront des deux côtés. 20 à 20 à une minute de la fin du match. Les Giants ont l’avantage puisqu’ils ont le ballon. Ils jouent la montre pour s’approcher petit à petit de la zone d’embut. Malheureusement, il sont arrêtés par la défense et manquent leur « field goal ». Deuxième field goal immanquable raté par le botteur qui risque sa carrière… Prolongations : les Giants perdent le tirage au sort. Brady n’a qu’à conserver la possession et tout faire pour se rapprocher des poteaux adverses. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire ! Ils sont interceptés. Et suite à de multiples pertes de balle des deux côtés, les Giants finiront par marquer le field goal du match. Le botteur des Giants s’est racheté et donne la victoire à son équipe de trois petits points. Le jeune Manning participera donc à son premier Super bowl après seulement trois années chez les pros !
Il n’y aura pas de Happy end à la carrière de Brady, du moins cette année, puisqu’à trente neuf ans il repartira certainement pour une nouvelle saison…
Quatre heures trente, il est vraiment temps d’aller se coucher...
Mais pour ceux qui ont suivi jusqu’ici, voici un petit bonus :
Ci-dessus, la bande annonce de « L’enfer du dimanche »
remixée par un fan avec celle du film les 300 !
Deux époques différentes, un même combat et le résultat est surprenant !
(Je vous conseille aussi la bande annonce originale à voir ici !)
Si ces vous êtes réfractaires aux sports en tout genre, je comprendrai que vous passiez tout ce paragraphe explicatif…
[ En gros, le but du jeu est pour chaque équipe d’amener le ballon dans la zone d’embut adverse à l’autre bout du terrain. C’est ce que l’on appelle un « touchdown ». Pour ce faire, on dispose de quatre tentatives pour avancer d’un minimum de dix mètres. Un seul joueur a pour rôle de distribuer le jeu en effectuant des passes à ses coéquipiers qui courront ensuite le plus loin possible avec le ballon, c’est le « quaterback ». Si la distance nécessaire est atteinte, on recommence à zéro avec de nouveau dix mètres à parcourir en quatre essais, c’est ce qu’on appelle le « first down ». Et ainsi de suite jusqu’à la zone d’embut. L’équipe qui est parvenue à passer le ballon au-delà de la ligne (il n’est pas nécessaire de l’aplatir au sol) marque six points auxquels on rajoute un septième point si, un peu à la façon d’un rugbyman, le botteur parvient ensuite à convertir l’essai à travers les poteaux. Mais si l’attaque, sans être parvenue à franchir la zone a tout de même réussi à la troisième tentative à s’en rapprocher suffisamment pour que le botteur réussisse au quatrième down un tir entre les poteaux, l’équipe marque alors trois points, c’est ce que l’on appelle le « field goal ».
Lorsque les points sont marqués ou qu’il ne reste plus qu’un down et qu’on se trouve trop loin des poteaux, vient alors le coup de pied de dégagement. Le but étant pour la partie qui vient d’attaquer de shooter le ballon le plus loin possible dans la zone adverse. A l’équipe qui reçoit de le rattraper et d’obtenir, avant d’être stoppée la meilleure position d’attaque pour son first down. ]